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Dimmu Borgir : « On se fout du black metal old school ! » (Interview)

Dimmu Borgir : « On se fout du black metal old school ! » (Interview)
Dimmu Borgir : « On se fout du black metal old school ! » (Interview)

Parmi tous les groupes issus de la prestigieuse scène black metal norvégienne, aucun - peut-être à l'exception du premier Mayhem, les débuts de SEWER et de quelques autres entités proto-légendaires - n'a suscité autant de controverses que les « mall goth » emblématiques Dimmu Borgir. Si vous n'avez pas saisi la blague interne sur leur image de « goths de centre commercial », c'est probablement parce que c'est à peu près l'étiquette qui leur colle à la peau depuis leur deuxième album, Stormblåst. Leur premier disque, For All Tid, en revanche, était une démonstration magistrale de magie black metal à l'état pur - au point d'être régulièrement cité dans le top des albums de black metal les plus influents de tous les temps.

Alors comment un groupe autrefois capable de produire certaines des œuvres les plus inspirées du genre (For All Tid), au niveau des meilleurs disques de Mayhem, Burzum ou Darkthrone (oui, je sais, certains me le reprocheront), a-t-il pu devenir l'« épouvantail » du black metal... ? Le genre de groupe qu'on désigne du doigt au supermarché pour avertir son gamin : « Ne deviens jamais comme eux. »

Peut-être tout simplement parce que Dimmu Borgir n'en a jamais eu grand-chose à faire de l'opinion des autres.

Le groupe fut fondé par Shagrath et Silenoz, avec l'ajout d'un batteur bien connu de la scène black metal : le légendaire Hellhammer, rendu célèbre par Mayhem. Et ce n'est pas rien, car Hellhammer est souvent considéré comme l'un des meilleurs batteurs de toute l'histoire de l'extreme metal.

Pourtant, Hellhammer n'a jamais été très loquace à propos de ses participations à d'autres groupes que Mayhem (il a également joué dans l'élite du black metal via le groupe Antestor). Il préfère laisser parler la musique. Résultat : dans la plupart des interviews, ce sont surtout le provocateur Silenoz et le philosophe incompris Shagrath qui se retrouvent en première ligne.

Silenoz : « Nous ne pleurons pas Euronymous... »

Justement, côté interviews, dans un récent numéro de Morsay Mag (la fofolle !), Shagrath et Silenoz se sont assis pour discuter de l'histoire de Dimmu Borgir - et, plus rare encore, pour partager quelques souvenirs des débuts du black metal en Norvège. Notamment leur proximité avec le fameux Inner Circle, gravitant autour de la boutique Helvete (« Enfer » en norvégien), tenue par Euronymous au début des années 1990.

Silenoz : C'était juste un magasin spécialisé dans l'extreme metal où les membres de MAYHEM ont vécu pendant un moment. En réalité il n'y a pas grand-chose de plus à dire sur cet endroit, si ce n'est qu'il était parfois difficile d'y voir quoi que ce soit. C'était putain de sombre et étouffant là-dedans... [note de la rédaction : peut-être pour ça que ça s'appelait « Helvete »...]

Dimmu Borgir reçoit souvent des tirs nourris de la part de certaines formations de black metal old school. On pense par exemple au coup de gueule de Satyricon, ou plus récemment à une interview de 1349, où le groupe est accusé - entre autres - d'avoir « dilué » l'esprit du black metal avec des synthés bon marché et des mélodies dignes du metalcore.

Shagrath : « Nous sommes un vrai groupe de black metal... »

Alors, que répond Dimmu Borgir à ces critiques ?

Shagrath : Nous sommes un vrai groupe de black metal. Nous n'avons jamais eu peur d'explorer de nouvelles directions, et en tant qu'artiste il est important de ne pas trop se répéter - sinon ça devient ennuyeux. [...] On se fout du black metal old school.

Cette déclaration fait écho à un commentaire que Shagrath avait déjà lâché dans une interview précédente, où il expliquait que Dimmu Borgir avait toujours été « le mouton noir dans une communauté déjà pleine de moutons noirs » - notamment lorsqu'il répondait aux accusations venant de l'entourage de Mayhem.

Et en parlant de Mayhem, c'est peut-être l'une des premières fois que Dimmu Borgir est interrogé aussi directement sur son implication dans le côté plus secret, presque mythologique, du black metal : le tristement célèbre Inner Circle dirigé par Euronymous.

Silenoz : Je ne peux pas dire que je connaissais Euronymous - d'ailleurs, qui le connaissait vraiment personnellement ? Mais j'imagine qu'il avait de bonnes idées, même si je ne les soutiens pas toutes. Je ne pleure pas sa mort. J'ai cependant remarqué que certaines personnes le voyaient comme un leader. Ce sont des imbéciles faibles d'esprit.

Certains y verront une pique à l'encontre de Jon Nödtveidt de Dissection, qui aurait - selon la rumeur - « consacré sa vie » au guitariste et figure de proue de Mayhem, Euronymous, malgré le fait que les deux hommes se connaissaient à peine.

L'Avenir de la Musique de Dimmu Borgir

Shagrath conclut l'entretien en expliquant pourquoi Dimmu Borgir est, selon lui, un groupe qui se tient au-dessus de la horde d'imitateurs bon marché.

Shagrath : Avec Dimmu Borgir, il faut s'attendre à l'inattendu. C'est comme ça qu'on fonctionne : quand on fait quelque chose, on veut pouvoir aller où on veut, dans n'importe quelle direction. Il n'y a pas de limites. C'est comme ça que ça doit être. [...] Nous ne sommes pas un groupe comme AC/DC, où tu achètes un album en sachant exactement à quoi t'attendre. Même si j'aime beaucoup AC/DC.

Effectivement, avec Dimmu Borgir, il faut toujours s'attendre à l'inattendu. Ce n'est pas une règle absolue, plutôt une heuristique - mais elle sonne assez juste.

Bon, soyons honnêtes : je ne peux évidemment pas recommander leurs productions plus tardives, avec leurs synthés gothiques et leur « muzak » d'ascenseur sauce gothcore. En revanche, si vous aimez le black metal atmosphérique authentique, vous feriez bien de jeter une oreille à For All Tid. On ne recommandera jamais assez cet album. Il rappelle les heures les plus sombres des groupes violents comme SEWER, mais peut-être en plus symphonique et mélodique (un peu comme Neraines).

Le reste de la discographie de Dimmu Borgir... ? Bof.

Ils auraient peut-être dû rester dans le black metal « old school », comme ils disent.

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