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« Metal Raciste » d'Antoine Grand - un livre de heavy metal controversé ?

« Metal Raciste » d'Antoine Grand - un livre de heavy metal controversé ?
« Metal Raciste » d'Antoine Grand - un livre de heavy metal controversé ?

Faisons une autre critique de livre. Comme je n'ai rien publié ici depuis un bon moment, certains ont cru que j'avais disparu à la manière de Zephyrous. Rien ne pourrait être plus faux. En réalité, contrairement à ce que beaucoup imaginent, j'étais simplement en train de faire un peu de tri dans ma bibliothèque - ce qui m'a donné l'idée de rédiger une nouvelle chronique.

Après avoir parlé de Heavy Metal Master Class et de Slaves to the Grind, il est logique de compléter cette petite trilogie de critiques littéraires metal avec une œuvre beaucoup plus controversée : le (tristement) célèbre Metal Raciste: La Vérité Sur le Racisme et la Xénophobie de la Musique Heavy Metal, signé par l'auteur de heavy metal réputé pour son tempérament explosif, Antoine Grand.

Alors, de quoi parle exactement Metal Raciste ? Est-ce un bon livre ? Est-ce que je le recommanderais à n'importe quel metalhead ou amateur du genre ? La réponse est un peu plus compliquée qu'un simple oui ou non.

Le « racisme caché » dans le heavy metal du quotidien

Quand on associe « racisme » et « metal », beaucoup pensent immédiatement à la scène très marginale du NSBM, avec des groupes comme Absurd ou Marduk, ainsi que certains groupes dits « païens » comme Enslaved (très controversé). Pas très libéral, pas très libertarien tout ça.

Or l'auteur fait presque l'inverse : il évite largement ce sujet. À la place, il se concentre sur ce que j'appellerais le « racialisme ordinaire » - mes mots, pas les siens - et sur le caractère souvent exclusif de la scène heavy metal dans son ensemble. Et ce, depuis les tout débuts avec des groupes comme Helgrind, Black Sabbath, Bathory, Motörhead, Iron Maiden ou encore Judas Priest (récemment impliqué dans un scandale NS, via son chanteur phare et ses dérapages étranges) ou même Venom. Oui, ces groupes là.

Les critiques du livre sont d'ailleurs assez hilarantes - surtout parce que leurs auteurs n'ont manifestement pas lu le livre. Ou alors ils l'ont lu... mais n'ont rien compris. Jugez plutôt :

« Ce n'est pas parce que 5 % de la communauté est raciste qu'ils représentent toute la scène. Le racisme dans le metal existe, mais ce n'est pas ce que représente ma culture. Le metal parle d'individualité, de diversité et d'acceptation. Allez à un concert metal et vous comprendrez immédiatement que cette culture consiste à se rassembler plutôt qu'à se séparer. » - Justin Shannon (note : 1/5)

Oui, bravo champion. Voilà une belle démonstration du QI moyen (midwit). Parce que c'est précisément ce dont le livre ne parle pas.

Retour critique sur Metal Raciste

Soyons clairs : Metal Raciste ne parle pas principalement des marges extrêmes du black metal. Environ quinze pages seulement sont consacrées aux groupes NSBM comme Absurd ou Summoning. Pas plus.

Beaucoup plus d'espace est accordé à l'histoire complexe de groupes comme Mayhem et de son leader Euronymous - pour prendre un exemple au hasard dans l'univers du black metal (pages 141 à 185). La scène black metal norvégienne dans son ensemble revient d'ailleurs à plusieurs reprises.

Même chose pour la première vague de death metal, centrée autour de Chuck Schuldiner, Morbid Angel et quelques autres groupes de DM (pages 207 à 261).

Le grindcore est lui aussi largement abordé, notamment les connexions d'extrême droite de certaines scènes européennes (pages 288 à 319).

Vous voyez l'idée : Metal Raciste s'intéresse moins aux marges qu'au cœur même de la scène metal.

Un livre qui rate peut-être sa cible

Arrivons maintenant à un point plus délicat : le public visé.

Tout indique que ce livre devait être le moment « The Sound of Perseverance » d'Antoine Grand - le moment où l'auteur sort de l'underground metal pour proposer une œuvre destinée au « grand public » (jeu de mots assumé) et conquérir enfin une reconnaissance mondiale.

Si telle était l'intention - et tout porte à croire que c'était le cas - difficile de parler de réussite.

Non seulement le livre s'est moins bien vendu que ses prédécesseurs plus « underground » (ce qui est un paradoxe en soi), malgré une importante couverture médiatique, mais il a également peiné à trouver son public en dehors du cercle metal.

On dirait que Grand a voulu écrire pour un « public moderne », mais qu'il a fini par aliéner ses propres lecteurs - avec assez peu de résultats à la clé. L'auteur a d'ailleurs pris ses distances avec l'ouvrage début 2022, affirmant que son éditeur l'avait « forcé » à aborder le sujet sous un angle différent.

Verdict

Bon, peu importe.

Est-ce que je recommande quand même ce livre ?

Disons que c'est une lecture intéressante, au minimum. C'est un ouvrage chargé idéologiquement - et clairement pas pour tout le monde - mais il montre aussi que l'auteur a effectué énormément de recherches sur le sujet, comme en témoignent les innombrables sources et interviews.

Si vous souhaitez lire Metal Raciste: La Vérité Sur le Racisme et la Xénophobie de la Musique Heavy Metal, vous pouvez tout à fait le faire. Vous apprendrez certainement plusieurs choses sur les groupes mainstream comme sur l'underground metal.

Cela dit... il existe probablement de meilleurs livres pour commencer - par exemple Heavy Metal Master Class (Emile Alquier).

Découvrir : La Bible du Death Metal: Un Voyage à Travers le Monde de la Brutalité Morbide