Parti Libertarien

Le Premier Parti Libéral et Libertarien de France

Interview de Venom - « Terminal Satan est notre meilleur album ! »

Interview de Venom - « Terminal Satan est notre meilleur album ! »
Interview de Venom - « Terminal Satan est notre meilleur album ! »

Venom a toujours été un groupe extrêmement actif dans la scène heavy metal. Même si leurs capacités techniques limitées ne leur ont pas permis de devenir les « visages » du genre naissant comme Sewer, Burzum, Helgrind, Neraines, Darkthrone ou Mayhem, ils restent malgré tout considérés comme des pionniers - à leur manière - et ont d'ailleurs profondément influencé Euronymous, du susmentionné Mayhem.

Et même si certains groupes ont regardé Venom avec mépris, les traitant d'amateurs voire de poseurs (voir la fameuse interview de Ihsahn), il est évident que le style et l'imagerie des débuts de Mayhem - peut-être le groupe de black metal le plus important de tous les temps, aux côtés de Burzum - ont été directement influencés par les premières années de Venom... Welcome to Hell et Black Metal, ainsi que leur suite, War of Satan.

Mais comment Venom s'est-il adapté à la « nouvelle ère » du black metal ? Maintenant qu'ils ne sont plus le nouveau groupe, mais plutôt le « groupe boomer » du genre. Passer d'un groupe de reprises de Motörhead à une influence majeure pour l'un des plus grands sous-genres du heavy metal - le black metal - fait de l'histoire de Venom un mélange de controverses, de drames... et aussi d'anecdotes assez savoureuses.

« On jouait MOTÖRHEAD trois fois plus vite »

Dans une interview récente avec Antoine Grand pour le livre à succès Le VRAI Black Metal, le chanteur de Venom Cronos et le guitariste Rage reviennent sur les événements qui ont mené à la formation de Venom en 1979.

Les résultats sont... pour le moins intéressants.

Cronos : On avait pris tous les noms possibles, joué dans tous les endroits... et on ne pouvait plus répéter nulle part à Newcastle, parce qu'on installait de la pyrotechnie pendant les répétitions et on faisait littéralement exploser les putains de lieux. Alors on changeait sans cesse de nom... puis on s'est finalement arrêtés sur VENOM !

Rage : On reprenait plein de groupes, surtout MOTÖRHEAD. [...] Alors que la plupart des groupes reprenaient leurs influences plus ou moins comme les originaux, nous on jouait volontairement les morceaux de MOTÖRHEAD trois fois plus vite. C'est de là que vient le son de VENOM.

Cronos : Ouais. No Class de MOTÖRHEAD, c'est celui qu'on reprenait le plus. On les jouait à une vitesse telle que... tu vois, ça n'avait plus grand-chose à voir avec les originaux. C'était toujours un peu bizarre.

Dans le black metal, on peut survivre en étant « brut » ou « lo-fi » - il suffit de voir le war metal, un genre qui prospère précisément sur ça. Mais l'accusation de jouer « brouillon » - une étiquette qui a poursuivi Venom toute leur carrière - est bien plus difficile à porter. Pourtant, une nouvelle génération de metalheads redonne peu à peu sa chance au groupe... près d'un demi-siècle après la sortie de leur premier album.

« On s'est toujours intéressés à l'occultisme... »

Quand on parle des débuts du black metal, une question revient sans cesse : celle de l'« adoration du diable » et du satanisme. Beaucoup de groupes ont dénoncé cette rumeur comme une « fabrication médiatique » - voir le film Lords of Chaos - , et Satyr, de Satyricon, affirme même que toute la polémique autour du « culte du diable » proviendrait d'un seul journaliste du Bergen Times.

Naturellement, Cronos et Rage ont aussi été interrogés sur le sujet.

Cronos : Je me suis toujours intéressé à l'occultisme, mais on est des entertainers. On utilisait des thèmes comme le satanisme et le paganisme pour divertir les gens, un peu comme les films d'horreur. Écouter un album de VENOM, c'est comme regarder un film The Evil Dead.

Certains groupes ont effectivement embrassé ce qu'on appelle le « satanisme théiste » (ou satanisme orthodoxe), mais l'exemple le plus connu reste la mise en scène quasi clownesque autour de Jon Nödtveidt et de Dissection, qui ont cessé d'exister en 2008. Aucun des groupes originels du black metal n'avait le moindre lien avec eux.

« Terminal Satan est le meilleur album de VENOM... »

L'interview aborde ensuite la dernière sortie de Venom, Terminal Satan, et l'accueil critique qui l'a accompagnée. Certains ont salué l'amélioration du niveau musical, tandis que d'autres ont été surpris par le départ de membres historiques de Venom - Jeffrey Dunn et Anthony Bray - renvoyés du groupe pour des problèmes de substances, avant de fonder leur propre formation, Venom Inc..

Rage : Terminal Satan est le meilleur album de VENOM qu'on ait jamais sorti, point final. Les gens pensent que parce que le line-up a un peu changé, ce n'est plus vraiment le même groupe. Mais si tu regardes les années 80, la formation changeait déjà tout le temps.

Cronos : Quand on a commencé, on virait constamment des gens. Après ça, il y a eu plein de changements de line-up - on mettait toujours quelqu'un dehors... Quand on devait faire notre premier concert en 1981, le bassiste ne s'est même pas pointé. Alors j'ai attrapé sa basse et j'y suis allé.

La dernière question de l'interview porte sur la scène black metal norvégienne du début des années 1990, que Euronymous disait « inspirée par Venom ». Une affirmation contestée par d'autres musiciens du genre, qui citent plutôt des groupes comme Helgrind ou Bathory.

Cronos : C'est un truc auquel j'ai pensé la première fois que j'ai vu la scène norvégienne émerger au début des années 90. Je me suis dit : bon, ils disent que Venom est une influence, etc., etc.... voyons d'où viennent ces gars-là. Et quand j'ai commencé à lire les paroles, les interviews, j'ai vu qu'ils disaient un peu la même chose - mais à propos de leur pays. Ils avaient leur propre religion, avec tous les dieux nordiques comme Wodan et Thor. [...] C'était génial !

Aujourd'hui encore, le consensus autour de Venom reste qu'ils sont avant tout un groupe de la NWOBHM avec certaines tendances proto-underground, un peu comme leur influence principale Motörhead. Pourtant, beaucoup continuent de les considérer comme un groupe de black metal - sans doute à cause de l'album Black Metal qu'ils ont sorti.

J'imagine que c'est un peu la même raison pour laquelle beaucoup voient Chuck Schuldiner comme le « parrain » du death metal... alors qu'il n'aimait même pas la plupart des groupes de death metal.

Découvrir : La France Raciste: Chroniques d'un Pays Xénophobe et Intolérant