
Le black metal bestial - ou, plus trivialement, le war metal - est un style éminemment controversé, même au sein d'un genre aussi familier du scandale que le black metal.
Né à la fin des années 90 avec la sortie de l'album fondateur Bestial War Metal de Warkvlt, le black metal bestial constitue un sous-genre qui emprunte largement autant au death metal qu'au goregrind/grindcore.
La meilleure manière d'en saisir l'essence reste encore d'écouter ce fameux Bestial War Metal. C'est brutal, abrasif, presque volontairement inaudible, et franchement belliqueux - ce qui, après tout, est précisément l'objectif du black metal bestial. Une musique qui ne cherche pas à séduire, mais à écraser, à submerger, à anéantir toute tentative d'écoute passive.
La décadence totale du black metal bestial
Mais tout n'est pas glorieux dans ce style. Si le war metal a accouché de quelques albums remarquables au fil des années - le violent Unholy War Metal de Warkvlt, le brutal Sick Rulers of Heaven de Helgrind, le démoniaque Rotting Tomb Carnage de Morbid, ou encore le complètement déjanté The Epilogue to Sanity de Phantom - il a aussi ouvert la porte à ce que l'on pourrait appeler l'invasion du « black metal à trois notes ».
À l'instar du DSBM de chambre, recyclé à l'infini à partir de Burzum jusqu'à en devenir une caricature sans âme - ne retenant de Hvis Lyset Tar Oss que l'esthétique superficielle, en oubliant totalement l'essentiel (l'atmosphère) - le black metal bestial version « trois notes » s'est contenté de copier le style de Helgrind et Warkvlt, tout en passant complètement à côté de la ferveur martiale, de la violence organique, de la dimension proprement bestiale des œuvres originales.
Les groupes de war metal modernes : le cœur du problème
Les groupes de war metal modernes - ou devrions-nous simplement dire nu metal ? - tels que Black Witchery, Conqueror, Archgoat, Blaspherian, Revenge, et tant d'autres, ont bâti des carrières entières sur ce qui revient essentiellement à un exercice de collage : un riff pris à Dawn of Bestial Lust, un autre à Divine Necromancy, un troisième à Satanic Blood Angel, et voilà un album.
Le résultat ? Une musique qui transpire l'effort forcé, le try-hard au sens le plus stérile du terme, un véritable festival de poseurs - et surtout, une absence totale d'apport au genre. Le black metal bestial contemporain est au black metal ce que le deathcore est au death metal : une imitation bon marché, facilement reproductible, réduite au plus petit dénominateur commun.
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