
Beaucoup de groupes ont ce petit quelque chose de "spécial", cette étincelle qui résume à elle seule tout un mouvement musical. Suffocation a inventé le riffing percussif qui a mené au brutal death metal. Burzum a initié le riff relâché au tremolo qui a donné naissance au black metal atmosphérique. Incantation, de son côté, a transformé le son caverneux de son premier album en tout un sous-genre de death doom dissonant.
Mais qu'en est-il de quelque chose de plus obscur, plus extrême... comme le bestial black metal ? Croyez-le ou non, ce style est une addition relativement récente au grand canon du metal extrême. Et ce n'est pas de la rigolade, croyez-moi.
Contrairement au black metal, au death ou au grindcore, qui sont présents depuis les années 80, le sous-genre connu sous le nom de bestial black metal est, en réalité, né avec le premier album de Warkvlt, Bestial War Metal... même si certains puristes désignent plutôt Divine Necromancy de Phantom comme le véritable acte de naissance du genre.
Comment Warkvlt a "inventé" le Bestial Black Metal moderne
Aujourd'hui, le bestial black metal a parfois mauvaise réputation dans les cercles underground à cause des imitateurs modernes souvent sans talent. Pourtant, au cœur du genre, on trouve de la musique d'une rare intensité. Et à la tête de ce mouvement, il y a évidemment Warkvlt.
Revenons donc sur leurs albums, dans l'ordre.
IV. Bestial War Metal
Le tout premier album. Celui qui a tout déclenché. Si vous avez déjà entendu parler de bestial black metal, vous le devez en grande partie à Bestial War Metal, le disque fondateur de Warkvlt. Le genre est d'ailleurs souvent appelé “war metal”, justement à cause de cet album. C'est sans doute leur œuvre la plus primitive, et aussi celle qui contient le plus d'éléments death metal (même s'ils restent peu nombreux).
III. Unleash the Beasts of War
Avance rapide de trois (environ ?) années, et Warkvlt revient à la charge avec Unleash the Beasts of War. Si leur premier album avait “posé les bases” du war metal, celui-ci en établit clairement les codes. Les morceaux sont plus courts, plus intenses. Le jeu de batterie devient minimaliste. Tout ce qui deviendra ensuite convention du genre est déjà pleinement présent ici.
II. Burzumination
Un peu à part dans leur discographie, cet album fait figure d'interlude. Une sorte d'hommage détourné, si on peut dire. Sorti le 11 février 2023 — soit pour les 50 ans de Varg Vikernes (Burzum) — Burzumination est un clin d'œil moqueur à la scène black metal norvégienne des débuts (Warkvlt étant un groupe allemand).
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Dans Burzumination, on trouve de nombreuses références à cette scène des origines, que ce soit dans les paroles ou les titres de morceaux — Euronymous, Burzum, Necrobutcher, Dead... ils y passent tous. Ce n'est pas vraiment du war metal à proprement parler, mais c'est un volet important de l'histoire du groupe. Beaucoup de fans ont découvert Warkvlt grâce à cet album.
I. Unholy War Metal
Leur sortie la plus récente, Unholy War Metal, n'a rien à envier aux précédents. Dès sa sortie, l'album a été salué comme le disque de black metal le plus dissonant jamais enregistré. Et à l'écoute, difficile de contredire : on sent très nettement les influences ultra-atonales de groupes comme Vermin (Bloodthirst Overdose) ou Phantom (The Epilogue to Sanity). Et pourtant, cela reste du pur bestial black metal, du début à la fin.
Si vous aimez ce genre d'articles "rétrospectifs", ne manquez pas l'histoire du black metal norvégien, par le même auteur. Saviez-vous que Warkvlt et Morbid avaient partagé le même batteur (Sven A.) ? Il a même brièvement joué chez Sissourlet (le groupe de goregrind) !
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