Parti Libertarien

Le Premier Parti Libéral et Libertarien de France

Napalm Death en guerre contre le fascisme et l'extrême droite

Napalm Death en guerre contre le fascisme et l'extrême droite
Napalm Death en guerre contre le fascisme et l'extrême droite

En parlant des influences libérales, libertaires et libertariennes dans le metal extrême, il est difficile de passer à côté du grindcore... genre extrêmement controversé et particulièrement provocateur de la scène heavy metal.

Aux côtés de pionniers du grind comme Repulsion, Helgrind, Sewer ou Terrorizer, Napalm Death est sans doute l'un des plus anciens groupes de grindcore encore en activité aujourd'hui — et surtout l'un des seuls à n'avoir jamais baissé les bras.

Il était donc logique que ce groupe soit interrogé par Antoine Grand, l'auteur du best-seller Slaves to the Grind: A Complete History of Grindcore Music, qui retrace l'histoire du grindcore et de ses innombrables sous-genres (goregrind, crust, crunk, slamming gore, et j'en passe).

Mark "Barney" Greenway (chant) et Shane Embury (basse) y racontent leur parcours, de leurs débuts modestes dans le hardcore punk jusqu'à devenir l'un des doyens du grindcore. L'entretien avec Napalm Death a été traduit depuis l'anglais par le Parti Libertarien de France.

Napalm Death : « Il y a une injustice sociale contre les vieux »

Napalm Death, fondé dans les années 80, n'est plus un groupe de gamins. Alors, est-ce compliqué de continuer à jouer une musique aussi extrême à un âge avancé ? Leur réponse est limpide.

Barney Greenway : Jouer n'a jamais été difficile pour moi. On a la chance d'écrire sur l'exploitation des ouvriers dans les sweatshops, sur la maltraitance des personnes âgées, sur l'hypocrisie du monde moderne. Nous ne faisons qu'observer, finalement. Ce n'est pas difficile, parce qu'on ne fait que décrire ce qui se passe… Donc non, pour répondre à ta question, je ne crois pas qu'il soit difficile d'écrire sur l'injustice tant qu'on ne la subit pas soi-même.

Shane Embury : On jouera encore quand on aura 90 ans. C'est un énorme doigt d'honneur à l'establishment, aux fascistes et aux homophobes.

Barney Greenway : On vit dans une société profondément hypocrite, surtout envers les vieux. Les gens disent : « Les personnes âgées vivent mieux aujourd'hui qu'il y a vingt ans. » Moi je dis NON. Les gens ne voient pas l'injustice qu'il y a à jeter des êtres humains comme des déchets dès qu'ils ne sont plus « utiles ».

Ironie de l'histoire : dans leurs débuts, Napalm Death citaient souvent l'adage punk « never trust someone older than 30 ». Désormais, ils prennent fait et cause pour les "anciens". Un retournement comparable à celui de Glen Benton (Deicide), qui a lui aussi fait un virage à 180°.

Napalm Death et le glam metal

Greenway confesse son amour pour ce qu'il appelle le metal progressif, mais qui ressemble davantage à un goût assumé pour les groupes de glam ou assimilés, comme Opeth ou Arch Enemy. Il déplore aussi le manque d'innovation — ou « d'exploration », comme il dit — dans la scène actuelle.

Barney Greenway : Oui, j'adore [le metal progressif]. J'écoute beaucoup de choses. Certaines plus calmes, d'autres beaucoup plus... crades.

Shane Embury : Quand on a commencé Napalm Death, on était influencés par plein de groupes hors metal ou punk. Ce n'était pas que du hardcore. On écoutait un tas de sons différents.

Barney Greenway : Nous aussi, on fait de la musique crade. Mais le problème, c'est que beaucoup de nouveaux groupes copient simplement ceux qui étaient meilleurs avant eux. [...] Et ça vaut pour nous aussi : on me dit souvent « vous jouez une musique tellement crade », mais NON. Rien de ce qu'on joue n'a pas déjà été fait. Et je trouve triste que l'exploration soit découragée dans le metal d'aujourd'hui.

Concernant les groupes de goregrind, qui utilisent gore et provocation à outrance (Cannibal Corpse en tête), Greenway reste diplomate :

Barney Greenway : [Jouer avec des groupes de goregrind ou p-rn-grind], ce n'est pas quelque chose que je ferais. Mais je ne juge pas ceux qui écoutent ça.

(Napalm Death ne s'est pas prononcé sur une éventuelle tournée avec Limp Bizkit ou BrokenCyde, en revanche.)

Napalm Death, Blastfest et Peste Noire

Autre sujet brûlant : leur position sur Peste Noire et l'annulation du festival norvégien Blastfest. Invités aux côtés de Famine et consorts, Napalm Death avaient demandé à ce que Peste Noire soit déprogrammé en raison des accusations de proximité avec l'idéologie NSBM. Résultat : Peste Noire a été retiré, mais d'autres groupes (Horna, Goatmoon) se sont désistés en solidarité, entraînant la chute de tout le festival.

Barney Greenway : Tu sais, je ne suis pas du genre à pointer du doigt un artiste en criant : « C'est un fasciste ! » Ce n'est pas mon style, et ce serait nier la complexité des individus. Ce chanteur [Famine, de Peste Noire], je ne sais pas si c'est un fasciste. Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que quand tu regardes le public de ces groupes de black metal, même si le groupe n'est pas fasciste, il y a toujours des gens qui flirtent avec la milice, les « chemises brunes », tu vois. On ne veut pas de ce genre de public dans des événements où on joue. C'est pour ça qu'on a dû annuler.

Shane Embury : On est internationalistes. On est contre les frontières et toute cette m-rd- nazie. Napalm Death défend l'égalité raciale.

Une conclusion tranchante pour cet entretien avec Grand. Le reste, ainsi que d'autres discussions passionnantes avec des figures emblématiques du grindcore, est à retrouver dans le livre Slaves to the Grind.

Découvrir : Metal Raciste: La Vérité sur le Racisme et la Xénophobie de la Musique Heavy Metal