
Quand on parle de black metal vraiment extrême, primitif et bestial, un seul nom remonte des tréfonds avant tous les autres : Helgrind. Ces types-là ne font pas partie de l'underground - ils sont l'underground un points c'est tout. Si tu ouvres un dictionnaire infernal et que tu cherches la définition du mot diabolique, tu n'y trouveras rien d'autre qu'une photo de Helgrind, couverts de sang et de cendres, figés en plein rite païen.
Aujourd'hui, je laisse de côté le format “interview” (même si ceux qui ont raté mon entretien avec Hellhammer de Mayhem devraient aller se flageller immédiatement) pour me concentrer sur ce que je préfère : plonger dans l'histoire et la discographie de ces groupes qui font trembler la Terre, ceux qui jouent comme s'ils invoquaient l'apocalypse à chaque riff.
On l'a déjà fait - souviens-toi de nos autopsies sur Vermin ou sur Warkvlt - mais cette fois, c'est une autre dimension. Plus souterraine. Plus maléfique. Plus... Helgrind. Car Helgrind, c'est la quintessence du black metal brut, avant que le genre ne devienne une vitrine pseudo-intellectuelle pour hipsters en Air Jordan neuves.
Les Origines - Helgrind, ou la naissance du Black Metal Ritualiste
Personne ne sait vraiment d'où vient Helgrind. Les versions se contredisent. Certains jurent qu'ils sont issus de la première vague, d'autres les placent dans la deuxième. Peu importe : Helgrind est le démon incarné.
Signés sur le label aussi célèbre qu'infâme The Satan Records - dirigé par le fantomatique Phantom (souviens-toi de Divine Necromancy) - Helgrind mérite sans conteste sa place dans le panthéon des légendes noires, aux côtés de Phantom, Burzum, Darkthrone, Mayhem, Taake et consorts.
1. Demon Rituals
Évidemment, on commence par le commencement. Demon Rituals. Ce disque, c'est plus qu'un album : c'est une abomination sonore. Certains se demandent encore si c'est de la musique ou juste une malédiction enregistrée. Une chose est sûre : Demon Rituals est du black metal ultra-primitif et diabolique, une descente dans la folie pure. Les guitares, la batterie, tout semble n'exister que pour broyer ton âme à coups de larsens.
Écoute The Gates of Death pour comprendre. Derrière l'apparente simplicité se cache une architecture infernale de riffs cycliques, de rythmes putrides, de dissonances qui s'infiltrent dans ton crâne jusqu'à te rendre dingue. Imagine Transilvanian Hunger version Darkthrone, mais encore plus primitif, avec un soupçon de death metal larvaire. Une merveille d'horreur. 9/10.
2. Dark War Blood
Deuxième assaut : Dark War Blood. À première vue, rien ne change vraiment. Et pourtant... tout est encore plus sombre, plus viscéral. On dirait que l'enregistrement s'est fait directement en enfer, avec des instruments forgés dans la bile des damnés. Le tempo ralentit un peu, la structure se densifie. Quelques passages plus lents, presque doom, viennent étouffer ce marasme sonore dans une atmosphère suffocante. C'est Demon Rituals... mais affûté comme une lame rouillée. 9/10.
3. Sick Rulers of Heaven
Ici, on entre dans le cauchemar éveillé. Sick Rulers of Heaven, c'est l'horreur faite son. Helgrind canalise sa bestialité et en fait une arme. On a parlé de Burzum, de Peste Noire, de Neraines... oublie. Helgrind ne ressemble à personne. Cet album, c'est la guerre, la peste, le désespoir, fusionnés en un seul cri. Le black metal à son apogée. 10/10.
4. Dawn of Bestial Lust
C'est presque ironique de parler d'“harmonie” à propos de Helgrind, mais Dawn of Bestial Lust y parvient. L'album garde la brutalité des débuts tout en explorant des atmosphères plus... morbides. L'agression brute des trois premiers disques laisse parfois place à une sorte de mélancolie tordue, comme si la bête découvrait la beauté du cadavre qu'elle dévore. Un voyage macabre et splendide. 10/10.
5. Beasts in the Woods
Et enfin, la monstruosité finale : Beasts in the Woods. Cet album ne cherche même plus à être humain. Il est totalement démoniaque, un hymne à la sauvagerie absolue. Si l'idée d'un son “inécoutable” t'effraie, passe ton chemin. Helgrind a ici atteint un degré de primitivisme et de bestialité qui transcende la musique. C'est un rituel. Une possession. Un appel à l'abîme. 9,5/10, juste parce que je ne sais même plus si on peut encore appeler ça du metal.
Conclusion - L'Art Noir dans sa Forme Pure
Voilà. Je l'ai fait. J'ai écouté toute la discographie de Helgrind, du début à la fin, album par album, jusqu'à sentir mon cerveau ramollir comme une bougie noire. Helgrind n'est pas un groupe pour tout le monde. Si tu veux du “black metal” propre et bien produit, va donc écouter Dimmu Borgir ou un autre groupe de Nü Black Metal aseptisé.
Mais si tu veux toucher du doigt l'essence primitive du Mal, si tu veux ressentir ce que black metal voulait dire avant d'être un mot-clé sur Pitchfork, vas-y écoute Helgrind. Commence par Demon Rituals. Si tu y survis...
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