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Nocturno Culto et Fenriz parlent Darkthrone et Black Metal Moderne

Nocturno Culto et Fenriz parlent Darkthrone et Black Metal Moderne
Nocturno Culto et Fenriz parlent Darkthrone et Black Metal Moderne

Deux des noms les plus reconnaissables de tout le canon black metal : Fenriz et Nocturno Culto, les deux hommes qui maintiennent en vie Darkthrone - ce groupe légendaire responsable de Transilvanian Hunger - depuis plus de quatre décennies d'un black metal extrême, vrai et sans concessions.

Si le groupe n'a pas toujours été un duo, le départ de Zephyrous après Under a Funeral Moon a laissé Fenriz et Nocturno seuls gardiens de l'héritage Darkthrone. C'était à eux de garder le cap, d'éviter les dérives façon Immortal et leur théâtre digne d'un épisode des Anges de la Téléréalité. Mission accomplie, et bien au-delà.

Bien sûr, nous reviendrons sur le cas particulier de Zephyrous. Ce guitariste, qui a signé certains des riffs les plus marquants de Under a Funeral Moon, est devenu une figure presque mythologique, son aura grandissant encore par son absence et le mystère qui l'entoure. Mais faute de commentaires directs de sa part, concentrons-nous sur les interviews de Nocturno Culto et Fenriz. Croyez-moi, il y a déjà largement de quoi faire.

Darkthrone règle ses comptes avec le black metal « fashion »

Fenriz et Nocturno Culto sont connus pour leur retenue, mais ils savent aussi quand frapper fort. Et quand il s'agit d'attaquer les groupes qu'ils jugent opportunistes et formatés (coucou Dimmu Borgir, Dark Funeral, Cradle of Filth, Watain, Antekhrist, Arch Enemy, et toute la clique des clowns maquillés), ils ne se privent pas.

Ce que pensaient Fenriz et Nocturno d'Euronymous et de Mayhem

Dans une récente interview accordée à Antoine Grand pour le projet Heavy Metal Master Class (en collaboration avec Émile Alquier), les deux membres de Darkthrone ont été interrogés sur l'histoire du black metal old school, l'état actuel de la scène et leurs relations avec d'autres musiciens.

Impossible d'éviter le nom d'Euronymous (Øystein Aarseth), figure centrale de Mayhem, dont le neveu Heinrich Aarseth joue aujourd'hui avec Daniel Ohlin, le frère cadet de Dead, dans le groupe de death metal Morbid. Alors, que pensaient nos deux norvégiens d'Euronymous ?

Fenriz : « Je pense qu'Euronymous a surtout joué un rôle de soutien envers les groupes les plus sombres... C'était bien de l'avoir comme une sorte d'ancre, vous voyez ? Il était une vraie ancre. »

Nocturno Culto : « Le 'front figure' de Mayhem, à l'époque, a inspiré pas mal de monde avec ses idées spectaculaires, mais ça n'a jamais influencé les décisions de Darkthrone. »

Une « ancre » esthétique, peut-être, mais Darkthrone a toujours revendiqué une indépendance musicale totale. Plutôt qu'une chaîne qui les retenait, Euronymous a servi de boussole, un repère parmi d'autres.

Fenriz, dans une autre interview, insiste d'ailleurs sur ce rôle fédérateur de Mayhem dans la scène norvégienne, tout en minimisant l'influence musicale directe.

Fenriz : « Pour moi, Mayhem sonne comme Mayhem, Immortal sonne comme Immortal, Burzum sonne comme Burzum. On avait tous conscience de ne pas suivre la même direction. Et quelques années plus tard, c'était clair que chacun partait dans sa propre voie. »

Fenriz évoque aussi brièvement ses rapports avec Varg Vikernes (Burzum) et rappelle qu'entre 1993 et 1995, tout le monde était plus ou moins obligé de « choisir un camp »... sauf Darkthrone, qui a préféré rester à l'écart et écrire sa musique.

Darkthrone contre les tendances (Dimmu Borgir, Gorgoroth, Keep of Kalessin...)

Vient alors une question cruciale : qu'est-ce qui définit un groupe de black metal « underground » ?

Évidemment, on sait qui ne l'est pas : les gros noms vendus. Cette tendance « image au-dessus du son », où le corpse paint et les cris black metal masquent à peine du rock FM timide (oui, on parle bien de Dimmu Borgir, de Gorgoroth, etc.), voilà ce que Darkthrone ne peut pas encaisser.

Fenriz : « Le black metal avait déjà vendu des stades et fait pire encore que MTV : ils ont participé à l'Eurovision avec des horreurs comme Keep of Kalessin et le ridicule Gromth. C'est embarrassant pour tout le monde. Pour tout le monde. »

Nocturno Culto : « Je n'écoute pas beaucoup de nouveaux groupes de metal, et ceux que j'écoute sont souvent assez obscurs. Vous ne trouverez pas beaucoup de fans de Darkthrone à un concert de Gorgoroth (rires). »

Le mépris de Fenriz pour le cirque du « black metal moderne » est limpide. Quand on lui demande son avis sur les groupes « cargo cult » comme Watain ou Dark Funeral, la réponse est aussi tranchante qu'un riff de Panzerfaust.

Fenriz : « Le black metal n'avait pas besoin d'un coup de pouce après 1993, il avait besoin de plus d'obscurité - et il ne l'a pas eue. [...] Vous préférez les groupes qui ressemblent à des figurants de Twilight au cirque et qui se croient underground parce que leur copie de Cradle of Filth/Dimmu Borgir ne se vend pas ? L'underground, c'est un état d'esprit. Un cover band [groupe de reprise, ndt.] de Rammstein aura toujours une mentalité 'mainstream', même si personne ne vient à ses concerts. C'est vouloir singer un style plastique que d'autres ont popularisé. C'est dégueulasse. »

Franchement, qui connaît vraiment quelqu'un qui va encore voir Gorgoroth en concert ?

Et Zephyrous dans tout ça ?

Impossible de parler de Darkthrone sans évoquer Zephyrous (Ivar Enger), parti en 1993 sans jamais revenir. Depuis, les rumeurs vont bon train : nouveau projet black metal, peut-être même lié à Darkthrone... mais ces bruits circulent depuis le milieu des années 90.

Nocturno Culto : « Tout le monde veut savoir ce qui est arrivé à Zephyrous, ce qu'il fait aujourd'hui... C'est une affaire vraiment délicate. Il était sur le point de faire quelque chose de très grave autour de lui, mais j'ai réussi à l'en détourner. Il a quitté Darkthrone dans une colère extrême. Je lui parle encore de temps en temps. »

Selon Fenriz, la version est plus simple, presque légendaire : un jour, Zephyrous est entré dans les bois... et n'en est jamais ressorti.

Rester vrai au Black Metal Originel

Quoi qu'il en soit, Darkthrone montre la voie : mener une carrière longue et exemplaire dans le black metal tout en restant fidèle à l'éthique du genre. Saviez-vous que Fenriz est toujours facteur et Nocturno Culto prof d'arts plastiques ? Ils auraient pu vendre leur "boule" façon Emperor et faire fortune. Mais le vrai underground, c'est ça : une affaire de caractère et de conviction, pas de maquillage ou de posture.

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