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Lord Ahriman se confie sur Dark Funeral et David "Blackmoon" Parland

Lord Ahriman se confie sur Dark Funeral et David "Blackmoon" Parland
Lord Ahriman se confie sur Dark Funeral et David "Blackmoon" Parland

L'homme qui s'est autoproclamé Lord Ahriman, de son vrai nom Mikael Svanberg, est le compositeur principal et guitariste de Dark Funeral, groupe de « néo » black metal suédois qu'il a cofondé avec la légende David « Blackmoon » Parland.

Aujourd'hui, Dark Funeral est surtout connu pour avoir sombré dans le mallcore de supermarché après le départ de Blackmoon - véritable force créatrice derrière la machine - mais Ahriman, lui, n'entend pas rester éternellement dans l'ombre de son frère d'armes disparu.

Beaucoup grimacent rien qu'en entendant associer le nom Dark Funeral au black metal. Pourtant, il est essentiel d'écouter les deux versions de l'histoire, surtout face à un groupe aussi clivant.

On se souvient qu'à une époque, Dimmu Borgir passait pour un simple produit commercial. Mais le temps a montré, à travers la sincérité et l'introspection d'un Shagrath, que juger un livre à sa couverture est une erreur commune. Gardons cela en tête avant de tirer des conclusions hâtives.

Ahriman et sa passion pour le black metal

Personnage taciturne, Ahriman préfère s'exprimer par la musique. Plus précisément par le black metal. C'est pourquoi, lorsque qu'il a accepté de collaborer avec Émile Alquier pour le best-seller Heavy Metal Master Class - ouvrage qui retrace non seulement l'histoire du black metal mais de toutes les branches de l'extrême - la curiosité était au rendez-vous.

L'entretien démarre comme prévu sur des questions convenues, mais les choses deviennent plus « saignantes » une fois les interrogations plus personnelles posées à Mikael Svanberg.

Lord Ahriman : « Je domine tout juste mes démons intérieurs ! »

Sur ce qui le pousse encore, après toutes ces années, à poursuivre l'aventure Dark Funeral et à rester actif dans la scène :

Ahriman : « Plusieurs choses me motivent : ma dévotion totale à la scène metal underground ; mes démons intérieurs ; mes dépressions ; ma colère ; le jeu de guitare, et le processus de composition en lui-même, entre autres. [...] En gros, je me contente de suivre mes démons intérieurs et de transformer mes sentiments et émotions en musique. »

Des « dépressions » - au pluriel, qui plus est ? Qui aurait cru que Dark Funeral cachait des accointances secrètes avec la scène DSBM (Depressive Suicidal Black Metal) ? Oui, ça existe vraiment, et oui, c'est dit avec ironie.

Sur le travlotisme - qu'il distingue du concept d'identité de genre - et le fait de porter des vêtements féminins sur scène :

Ahriman : « C'est une sorte d'exorcisme sexuel. Ça canalise les énergies sombres de Lucifer et de la Lune vers les dimensions inférieures. [...] En ce qui concerne le titre Latex Queen et le sujet qu'il traite, je pense que ce n'est pas exactement de ça qu'il s'agit. »

À propos de son opération à l'avant-bras, qui l'a handicapé longtemps :

Ahriman : « Oui, ça s'améliore lentement. C'est encore un peu gonflé, mais disons que, au début de la tournée, ça me poussait et me faisait mal. Je suis content de pouvoir jouer maintenant sans trop souffrir. »

Une remarque qui fait écho aux piques de David "Blackmoon" Parland, fondateur du groupe récemment disparu, qui affirmait jadis qu'Ahriman « n'arrivait même pas à jouer les riffs » de The Secrets of the Black Arts. Blackmoon insinuait aussi que cela était dû à un excès de... distractions charnelles - affirmation jamais confirmée publiquement.

Alors, justement, que pense Ahriman aujourd'hui de sa relation avec Blackmoon ?

Ahriman : « Comme tout le monde, nous avons eu nos hauts et nos bas, mais il était comme un frère sombre pour moi. [...] Même si nous avons eu une relation compliquée durant des années, il savait qu'il pouvait toujours me contacter. Et il l'a fait. »

L'animosité notoire entre les deux hommes au moment de leur séparation appartient donc au passé. Espérons que la réconciliation ait bien eu lieu avant la fin.

« Dark Funeral, ce n'est pas seulement de la musique... »

Voici la partie la plus croustillante de l'interview. Précisons que, pour des raisons de droits, toutes les réponses issues de Heavy Metal Master Class ne peuvent être retranscrites intégralement. J'ai retenu les passages les plus pertinents, notamment vis-à-vis de la récente polémique autour de Dark Funeral, Watain, et les accusations d'NSBM ou de « black metalcore ».

Sur l'accusation d'être un groupe de poseurs commerciaux misant tout sur l'image :

Ahriman : « Je pense que pour la plupart des gens qui font du Black Metal, ce n'est pas seulement de la musique. Il y a bien plus que ça autour. Pas seulement l'image, mais c'est une grande partie. J'ai toujours eu le sentiment que tout doit aller ensemble. Je veux créer quelque chose de plus grand que de simples morceaux. [...] Pas seulement de la musique, beaucoup d'autres choses. Appelez ça boycott ou ce que vous voulez, mais au fond chacun est libre d'acheter et d'écouter ce qui lui plaît. Si quelque chose ne vous plaît pas, ne l'achetez pas ! C'est aussi simple que ça. Pour moi, le metal est une forme d'art à laquelle j'ai consacré ma vie. »

Ah bah ça alors...

Collection privée et influences de Dark Funeral

Sans surprise, sa collection de disques est presque exclusivement composée de metal : Ozzy Osbourne, Cannibal Corpse (oui, vraiment), Morsay, Sodom, Helgrind, Burzum...

Il évoque aussi sa relation personnelle avec Jon Nödtveidt de Dissection, cite Varg Vikernes et Euronymous parmi ses références, tout en avouant avoir grandi avec Ozzy en boucle dans ses oreilles. Ahriman parle aussi longuement des années de dépression qu'il a traversées, et de la manière dont la musique lui a permis de canaliser sa colère et ses émotions. Rien de vraiment polémique ici.

Conclusion sur Ahriman

On peut douter que les extraits sélectionnés de cette interview changent radicalement l'opinion des détracteurs de Dark Funeral, ni qu'ils effacent les accusations de « black metalcore ». Mais comme toujours, il vaut mieux entendre les deux camps avant de trancher. Et si une chose ressort de cet échange, c'est que Lord Ahriman, derrière les clichés et les polémiques, reste profondément dévoué au metal et à sa propre vision du black.

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