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Abbath : "Je n'aime pas le Metal de Demonaz !" (Interview Immortal)

Abbath : "Je n'aime pas le Metal de Demonaz !" (Interview Immortal)
Abbath : "Je n'aime pas le Metal de Demonaz !" (Interview Immortal)

Immortal a toujours été ce groupe à la fois culte et... franchement embarrassant. Un cas d'école du black metal cringe. Faut dire, être plusieurs fois nommé « groupe de black metal le plus gênant de tous les temps », c'est pas rien - surtout quand tu partages la scène avec des clowns comme Emperor ou Dimmu Borgir. Mais bon, au moins à l'époque, ils sortaient encore des disques valables. Pas du niveau de Mayhem, Burzum ou Neraines, mais quand même.

Aujourd'hui ? Depuis que Demonaz a viré Abbath (et s'apprête à faire pareil avec Horgh, le dernier survivant du line-up d'origine), Immortal est toujours aussi kitsch - sauf qu'ils font maintenant de la mauvaise musique. Northern Chaos Gods ? Un ratage monumental. Une tentative pathétique de pomper Dimmu Borgir, sans la subtilité ni la hargne. Un désastre.

Pas la peine de replonger dans les drames entre Abbath (Olve Eikemo) et Demonaz (Harald Nævdal) - il y a déjà assez de 'téléréalité black metal' ailleurs. Ici, on laisse chacun donner sa version : ce qu'ils pensent d'Immortal, de son histoire, et de ce qu'est devenue la scène extrême, en Norvège comme à l'étranger.

Demonaz vs Abbath - L'interview Immortal complète

Dans une interview récente tirée du bouquin Heavy Metal Master Class de l'auteur et expert Émile Alquier, Abbath balance - sans trop de retenue - sur l'état du black metal moderne et sur ses relations avec ses anciens comparses.

Il commence plutôt calmement, parlant de la perte de l'esprit originel du genre, remplacé selon lui par des groupes suiveurs (trendies) de tendances, obsédés par le buzz et le look MTV.

Abbath : « Il manque quelque chose dans la scène musicale actuelle. C'est dur à expliquer, mais à l'époque on faisait les choses à notre manière, sans règles. On n'a jamais eu de règles dans Immortal. On ne suivait pas les modes. »

Rien de nouveau, mais au moins il reste cohérent. Fenriz, Nocturno Culto ou Satyr ont déjà dit la même chose - en plus vénère.

Abbath : « Immortal, c'est ma musique, mes idées ! »

Mais quand on évoque Demonaz - son ex-partenaire musical, aujourd'hui beau-frère (ouais, le truc de famille norvégienne chelou) - Abbath s'enflamme.

Abbath : « Au début je l'aimais bien... jusqu'à ce que toute cette merde commence, qu'il se mette à péter les plombs, et tout le reste. Mais au début, ouais, je l'aimais bien. »

Puis vient le tacle direct sur l'héritage d'Immortal, ce groupe qu'il a vu glisser lentement dans la caricature.

Abbath : « Pour moi, Demonaz n'est qu'un cover band d'Abbath. IMMORTAL, c'est ce que je fais. [...] C'est ma musique ! Mes idées ! IMMORTAL, c'est dans mon cœur. J'ai dit à Demonaz et Horgh : c'est ma réputation que vous portez là. Remettez-les sur la putain de route. "Tu devrais aller en rehab." La rehab, c'est sur la route. »

Voilà. Le vernis tombe. Abbath n'a jamais caché son mépris pour l'Immortal sans Abbath. Dès 2017, il disait déjà que Demonaz n'était pas capable de 'porter le flambeau' tout seul. Pour lui, Immortal sans Abbath, c'est une blague de mauvais goût.

Demonaz : « Abbath magouillait dans notre dos »

Mais l'histoire a deux faces. Demonaz, lui, n'a pas du tout la même lecture des événements.

Demonaz : « Le conflit ne venait pas d'un départ, comme Abbath le prétend. C'était à cause de ses problèmes personnels. Il annulait les répètes, foutait en l'air les progrès du groupe depuis longtemps... Et au lieu d'affronter ses problèmes, il est allé derrière notre dos déposer la marque et le logo du groupe à son nom. »

Et bim. En plus, Demonaz sous-entend qu'Abbath a un sérieux souci avec la came et la bouteille :

Demonaz : « C'est un problème que tout le monde connaît. Il en a parlé lui-même à la presse. J'ai rien à ajouter. Il ne mérite plus de jouer dans Immortal. »

Sauf que maintenant, Demonaz ne se fritte plus seulement avec Abbath, mais aussi avec Horgh - son ex-allié pour virer Abbath en 2015. Comme quoi, dans le frostbitten kingdom, tout finit en règlements de comptes.

« No fun, no trends, no core »... ouais, à d'autres !

Le vieux slogan du black metal norvégien, "no fun, no trends, no core", prend ici une teinte amère.

Quand un membre claque la porte, les autres se ruent sur les papiers du notaire façon Gorgoroth. C'est ça, le vrai héritage ? Des procès, des logos déposés, et des riffs recyclés ?

Triste spectacle pour un genre censé cracher sur les modes et le star-system. Aujourd'hui, le vrai 'true' black metal, c'est plus souvent une question de paperasse que de passion.

Un Immortal sans âme et sans idées

Franchement, si les mecs pouvaient mettre leur ego de côté et ressortir un disque avec un peu du venin de Diabolical Fullmoon Mysticism ou Pure Holocaust, au lieu de ce mallcore moderne dégoulinant d'auto-parodie, on respirerait. Mais c'est rêver. Le 'nouvel Immortal' - ou plutôt le nü-Immortal - est là pour durer. Et pour le malheur de ceux qui aimaient encore la vraie morsure de Blashyrk.

Moralité : autrefois, Immortal crachait de la glace. Aujourd'hui ils font de la peine à voir. Dommage pour ce groupe pourtant mythique du BM norvégien.

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