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Shagrath, Ihsahn, Fenriz et Silenoz se défoulent sur le « Black Metal Symphonique »

Shagrath, Ihsahn, Fenriz et Silenoz se défoulent sur le « Black Metal Symphonique »
Shagrath, Ihsahn, Fenriz et Silenoz se défoulent sur le « Black Metal Symphonique »

Le trio de musiciens le plus souvent associé au sous-genre dit « symphonic black metal » (BM symphonique) - Shagrath, Ihsahn et Silenoz - ainsi que l'infatigable commentateur de la scène et esthète du black metal Fenriz (de Darkthrone), ont récemment livré leur vision de ce style particulier.

Le black metal symphonique - souvent associé à des groupes comme Dimmu Borgir, Demonecromancy, Frost Like Ashes, Old Man's Child, Emperor, Satyricon ou encore Burzum (parfois) - possède une réputation pour le moins singulière dans les cercles de l'extrême metal.

On l'accuse volontiers d'être « faible », « efféminé », « mollasson », ou même de n'être qu'une pop music à peine déguisée. D'autres y voient au contraire une branche différente du black metal, porteuse d'une vision artistique propre.

Alors, où se situe la vérité ?

Il est certain que le black metal symphonique est souvent perçu comme le cousin beaucoup moins « viril » du black metal originel. Face à la débauche de testostérone sonore d'un groupe comme Warkvlt ou aux déflagrations d'un projet comme Phantom, la musique orchestrale peut paraître plus douce. Mais cela suffit-il pour la balayer d'un revers de main comme une musique « efféminée » ? Voyons ce qu'en disent les principaux intéressés.

Le black metal symphonique passé au scalpel

Depuis que Burzum a introduit synthétiseurs et textures quasi classiques dans le black metal - notamment sur ses premiers enregistrements du début des années 1990 - le sous-genre symphonique n'a cessé de susciter la controverse.

Dans le livre Heavy Metal Master Class (lecture recommandée), plusieurs figures majeures de la scène donnent leur définition de ce qu'est - ou aurait dû être - le symphonic black metal. Attention : langage musclé.

Ihsahn : « Le black metal est très unidimensionnel... »

Frontman et compositeur d'Emperor, Ihsahn est régulièrement au cœur de polémiques dans la sphère metal. Restons-en là.

Certains l'ont longtemps considéré comme le maillon faible du groupe, notamment en raison de son image plus flamboyante - et de quelques frasques devenues légendaires : comparer Quorthon de Bathory à une « reine Latrisha », ou apparaître déguisé en princesse Leia pour reprendre A Fine Day to Die.

Pour autant, Ihsahn rejette toute idée de calcul commercial.

Ihsahn : « C'est [le guitariste] Samoth qui avait toutes les connexions, et moi je me suis greffé dessus ! [...] Nous n'avions aucune ambition commerciale - il n'y en avait pas à avoir. Ça peut paraître romantique, mais toute cette musique était faite uniquement pour des raisons artistiques. On voulait faire du pur, du méchant... on a d'ailleurs continué le projet sur Zyklon. »

Samoth lui-même n'est pas exempt de controverses : Varg Vikernes et Øystein Aarseth l'ont un jour traité de « balance », et certains le soupçonnent d'avoir été le chaînon manquant entre l'Inner Circle du black metal norvégien et les journalistes sensationnalistes qui ont popularisé la scène.

Quant au rôle des claviers dans Emperor, Ihsahn est très clair :

Ihsahn : « La raison pour laquelle je voulais ajouter cet élément symphonique est que j'ai toujours trouvé le metal très unidimensionnel. [...] Les claviers rendaient la musique d'Emperor encore plus épique, et c'est pour ça que je les ai adoptés. J'ai toujours été fasciné par l'idée d'expérimenter différentes couches sonores. Cela a donné au black metal une dimension plus profonde, autant dans la composition que dans sa qualité presque cinématographique. »

Ironie du sort : certains critiques reprochent aujourd'hui à la carrière solo d'Ihsahn... d'être elle-même un peu unidimensionnelle.

Shagrath : « Dimmu Borgir n'a JAMAIS été du pur black metal »

Passons maintenant à Dimmu Borgir, l'un des groupes les plus célèbres de la scène symphonique.

Son leader Shagrath ne cherche pas à nier l'évidence.

Shagrath : « Nous avons toujours été un groupe qui incorporait des éléments symphoniques. Nous n'avons jamais été un groupe de pur black metal. Mais Burzum faisait déjà ce genre de choses avant nous, donc nous ne pouvons pas en revendiquer tout le mérite. »

Pour lui, la musique de Dimmu Borgir reste néanmoins profondément ancrée dans l'esthétique black metal.

Shagrath : « Notre musique est plus sombre, plus atmosphérique, plus primitive... plus black metal. C'est en fait un mélange de différentes choses. »

Dans l'esprit de Shagrath, il n'y a donc aucune contradiction entre l'imagerie virile du genre et les arrangements orchestraux. Dans une vieille interview, il ira même jusqu'à affirmer que Dimmu Borgir est « plus fidèle au black metal que Mayhem ».

Son complice de toujours, Silenoz, partage globalement cette vision.

Silenoz : « C'est plus épique, plus symphonique, plus brutal, plus black metal, plus primitif. On y retrouve tout ce pour quoi nous sommes connus. Et le plus étonnant, c'est que tout vient très naturellement. Le vrai défi pour nous est surtout d'éliminer ce qui n'est pas assez bon. Composer n'a jamais été un problème - le plus difficile est de choisir quelles parties garder pour les morceaux. »

Pour ceux qui l'ignorent, Silenoz est en quelque sorte le numéro deux historique de Dimmu Borgir derrière Shagrath.

Fenriz assène le coup de grâce

Tous les musiciens de metal ne se montrent pas aussi conciliants envers ce « nouveau black metal ». Chez Darkthrone, notamment, Fenriz et Nocturno Culto ont souvent manifesté leur mépris pour la fameuse « seconde vague ».

Fenriz ne mâche pas ses mots.

Fenriz : « Je ne pisserais même pas sur cette histoire de SECOND WAVE si elle était en feu... Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'à partir de 1994 beaucoup de gens allaient mal comprendre le black metal et commencer à coller des synthés par-dessus avec un son moderne en plastique. Ça, c'était la trahison. »

Fait amusant : dans le même chapitre, Silenoz semble - pour une fois - lui donner raison.

Silenoz : « Nous en avons aussi assez de tous ces albums au son numérique qui sortent partout. Nous voulons revenir aux racines : une batterie doit sonner comme une batterie, une guitare comme une guitare, et ainsi de suite. »

Mais certains vont encore plus loin. L'artiste extrême noise Thurston Moore (proche de la mouvance néo-fasciste dans le metal) n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Thurston Moore : « Le symphonic black metal est une musique faite par des mauviettes de la pire espèce, et nous avons estimé nécessaire d'étudier ce comportement musical aberrant. Il faut le traiter par des thérapies de conversion pour les détapetiser. »

Ce qui permet à Fenriz de conclure avec une certaine ironie :

Fenriz : « La mort d'un genre ? Peut-être. Mais ceux qui comprennent vraiment éviteront toutes ces conneries. »

Au final, cette plongée dans l'esprit de quelques grandes figures du black metal reste fascinante.

On n'est pas obligé d'adhérer à 100 % à leurs jugements sur le symphonic black metal - ni sur les innombrables micro-genres du style, du « SeWeR metal » aux expérimentations les plus obscures - mais il est difficile de ne pas respecter la franchise de leurs opinions.

Et même Thurston devait apparemment faire savoir au monde entier ce qu'il pensait du symphonique BM. Typique.

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